Abonnez-vous !

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!

Presse écrite

LA LETTRE DU SPECTACLE (N°332)
« Chanteuse et chantsigneuse sur scène« la-lettre-du-spectacle
Nicolas Dambre, 21 Janvier 2014 / Bis de Nantes 2014

En 2009, CRé – Compagnie Rayon d’écrits a été la première (en France) à proposer des spectacles de chanson bilingues en FR et LSF, interprétés par la comédienne et chanteuse Colombe Barsacq et le comédien Bachir Saïfi, sourd, qui exprimait les paroles en Langue des signes française (LSF). Après ce spectacle consacré aux chansons de Nougaro et Salvador, la compagnie a poursuivi cette expérience sur des textes originaux de Colombe Barsacq. Cette dernière explique : « la LSF est très poétique, elle démultiplie le pouvoir d’expression d’une chanson sur scène. Isabelle Voizeux, sourde, artiste associée de CRé issue de l’International Visual Theatre, interprète la scansion d’un texte ou des respirations par la langue des signes, nous formons un vrai duo. » Les deux artistes ont créé en 2013 avec le metteur en scène Michel Trillot les spectacles « Elle a tant… », mêlant ChanSon et ChantSigne et un duo de clowns « Au-delà du silence ». Colombe Barsacq précise : « notre compagnie ne souhaite pas proposer des spectacles pour une communauté mais bien pour tous les publics, en incluant les sourds et malentendants, trop souvent oubliés par le monde de la culture, qui ne pense qu’aux spectacles sans paroles, comme la danse ou le cirque et parfois au théâtre sur titrés. » Une étude sur les attentes des sourds et malentendants et l’offre en matière de culture a été menée par la compagnie dans le département du Val d’Oise, elle sera dévoilée lors des BIS 2014.


 

OUEST Franceouestfrance_13
« Les chansons des sourds riment à tous les yeux »
Daniel Morvan, 23 janvier 2014 / Bis de Nantes 2014

Colombe et Isabelle présentent aux Biennales Internationales du Spectacle leurs chansons en langue des signes française. A quoi ça rime ? Aux émotions.

D’où vient ce désir, cette envie de chansons en langue des signes ? La réponse rencontre le spectacle, qui s’intitule « Elle a tant… ». « Oui, tant de désirs, d’envies… s’amuse Colombe Barsacq, tout sourire dans l’intense tohu-bohu de la Biennale. J’avais mon expérience de chanteuse, mais auteure, l’étais-je ? La première aventure de passerelle entre culture française et culture sourde, je l’ai faite avec un spectacle autour de Nougaro et Salvador. Ce fut un choc de la vie. Je découvrais le sous-continent de la culture sourde. » Une manière de « music-hall inouï » qu’elle va construire en duo, et en forme de spectacle ouvert à tous les spectateurs. Une « balade musicale et visuelle au cœur de la féminité » qu’elles ont interprétée hier soir à la Compagnie du Café-théâtre.

« Il faut appréhender la surdité comme une différence et non un handicap : je ne suis pas handicapée, je suis sourde, dit Emmanuelle Laborit dans son autobiographie. » De telle sorte qu’il existe une communauté sourde, disposant d’une culture à part entière, distincte de la culture entendante majoritaire. « La Culture Sourde, avec des capitales ! »

Sur scène, auprès de Colombe la chanteuse, Isabelle Voizeux, la « chantsigneuse », qui pratique l’art du ChantSigne, également avec des capitales. « Depuis que je suis petite, c’est la vue qui rythme ma vie, explique Isabelle, car il y a toujours des choses à regarder. J’ai moi-même écrit une chanson en langue des signes. Il suffit de remplacer ce qu’on entend par ce qu’on voit, avec des rimes visuelles. » Ce qui définit la vusicalité (équivalent de la « musicalité ») propre de ces chansons, c’est leur beauté singulière. On ne parlera pas de « chansons de gestes », ni de « chansons à voir », mais d’un « spectacle bilingue » construit sur les « signes musicaux » qui forment le monde du silence.

Créé à Paris, montré avec succès au théâtre des Trois Baudets, le spectacle qui s’écoute avec les yeux est une belle victoire pour cette langue qui fut interdite pendant un siècle, jusqu’en 1991 et sa reconnaissance en tant que langue à part entière en 2005. Beaucoup des 5,5 millions de sourds de France fréquentent les lieux culturels (surtout les cinémas et théâtres), précisément pour ne pas s’isoler. Ils attendent désormais « que l’obstacle primordial de l’accessibilité des lieux soit levé. »

Et ils espèrent que les entendants ne seront pas sourds à leur appel.


 

NOS ENCHANTEURS,  l’autre chansonNos-enchanteurs
« ChantSigne au Forum Léo Ferré, spectacle total »
Norbert Gabriel, 3 mars 2015
Article en ligne ici

C’est un spectacle total, la voix, le geste, dans une chorégraphie associée qui tend au langage universel. C’est un moment rare, à découvrir, Isabelle Voizeux «chante » avec ses mains, avec son corps en parfaite synchronisation avec la voix de Colombe Barsacq et les notes des musiciens.
Mariage harmonieux entre la ChanSon de Colombe, et le ChantSigne d’Isabelle.

On pourrait faire une correspondance avec le temps où le cinéma muet était un langage quasi universel, accessible à tous, presque sans compléments de dialogues, juste quelques indications. Dans ce duo-dialogue, Isabelle qui n’entend pas, exprime par la gestuelle de la langue des signes, ce que Colombe chante. Les mains, le visage, le corps entier est langage.

Il faut le dire et le redire, c’est un spectacle tous publics, brillant, vivant, parfaitement mis en scène, un opéra de poche qui n’a pas besoin d’une salle gigantesque, juste une belle scène pour offrir des émotions sublimées par la proximité, le Forum Léo-Ferré est parfait pour ça, et on termine par une danse avec le public.

***

« ChantSigner : une nouvelle voie / voix ?« 
Claude Fèvre, 26 janvier 2014 / Bis de Nantes 2014

Au cours de ces B.I.S j’ai partagé une expérience bouleversante, déstabilisante et… prodigieusement belle ! J’avais récemment fait une rencontre émouvante, celle de Colombe Barsacq et Michel Trillot, venus me parler de leurs actions, de leurs créations, pour que se partagent  le monde des sourds et celui des entendants. Je me suis tout naturellement inscrite à leur atelier sur la Chanson en Langue des Signes Française (LSF). Vous avouerez qu’il y a de quoi être interpellé par les mots mêmes.

La petite salle qui nous accueille est archi comble et d’emblée je suis troublée de me sentir presque « étrangère », entourée de personnes, visiblement enjouées, qui communiquent en LSF. Je ne suis pas loin de me sentir « handicapée » par mon ignorance de cette langue !  Mais au cours de l’échange tout sera fait pour que tout le monde partage, grâce à la présence de traducteurs. Très vite je m‘aperçois que je suis fascinée par l’expression en Langue des Signes et que mon attention est littéralement happée par la mobilité des visages, par la beauté des mains qui vous font comme une chorégraphie.

L’atelier, rigoureusement conduit, sans aucun bavardage (!) stérile, nous permet de découvrir le parcours d’artistes chantsigneurs sourds ou non (Isabelle Voizeux, Laety Tual, Olivier Schetrit, Colombe Barsacq). La confrontation des expériences nous offre de pénétrer peu à peu cette nouvelle création et d’en mesurer la complexité, la difficulté et les perspectives pour le moins exaltantes car il s’agit bien d’abattre les frontières et d’offrir des spectacles pour un public mixte. Comment traduire par exemple la complexité du langage poétique, comment en rendre l’implicite, le métaphorique ? Ne faudra-t-il pas en venir à créer de nouveaux concepts comme celui de « visucalité » ?

J’avais déjà hâte d’être au soir et de découvrir le spectacle Chanson / ChantSigne offert dans une de ces petites salles nichées dans le Nantes historique, la Cie du café théâtre : « Elle a tant… » avec Colombe Barsacq (ChanSon) et Isabelle Voizeux (ChantSigne) accompagné au piano jazzy et au chant par Denis Uhalde.

Le spectacle oscille entre Chanson cabaret, théâtre, pantomime, cirque… Il s’annonce « au cœur de la féminité » et c’est bien ainsi que je l’ai reçu, même si parfois je me suis perdue dans les méandres des messages des chansons. Certains moments sont d’une intensité inouïe, comme lorsqu’Isabelle en fourrure est accompagnée des bruitages de Colombe (morceau écrit par Isabelle), quand ils portent tous les trois un nez de clown pour ce « cafard géant qui trotte dans ma tête » ou l’évocation de cette femme nue à cheval dont elles trouvent la photo dans un grenier, ou encore celle d’Olga qui est partie de Russie pour sauver ses enfants…

Ces deux comédiennes offrent un espace d’émotions rares, tout en sensualité et tendresse. C’est simplement beau et fort.


 

LA GAZETTE DU VAL D’OISEgazette_val_d_oise
« Ils le disent avec des signes »
Axelle Bichon, 12 février 2014

A l’occasion de l’exposition « Robert Doisneau, Clin d’oeil au quotidien », le Carreau de Cergy a accueilli le Café Noétomalalie. Un rendez-vous co-organisé par la Compagnie Rayon d’écrits et l’association Dialogue et Liberté des Sourds en Val d’Oise durant lequel on parle en langue des signes de ce que l’on pense.

L’objectif est de réunir toutes les personnes, malentendantes ou pas, qui ont envie de découvrir cette langue et leur permettre de se rencontrer dans un espace culturel. « Cet évènement permet aux personnes malentendantes de pouvoir se retrouver, et pouvoir rencontrer et communiquer avec des personnes entendantes. Le Carreau attache une très grande importance à rendre accessibles ses expositions à tout public« , explique Alexia Bayet, chargée de mission « Arts visuels » au Carreau.
L’espace culturel n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il s’agissait de la deuxième édition de cette rencontre. « C’est intéressant de voir les personnes entendantes handicapées par la langue et passer par les mimes pour se faire comprendre. C’est un moment d’échanges et de partages entre deux langues et deux cultures qui permet de mieux se comprendre et de communiquer malgré la différence« , remarque Isabelle Voizeux, comédienne sourde et l’une des initiatrices du Café avec Michel Trillot et Colombe Barsacq de l’association CRé.

Parmi les participants au Café, durant lequel une présentation des photos de Robert Doisneau a été organisée, beaucoup sont venus par curiosité, pour rencontrer du monde ou tout simplement pour l’exposition. « Les gens prennent du plaisir à revenir à ces rencontres pour en apprendre un peu plus sur la Langue des Signes et échanger. Ce concept plaît beaucoup« , se réjouit Colombe Barsacq, artiste associée de CRé.
Finalement, il n’y a pas besoin de mots pour comprendre la photographie, elle parle à tout le monde… »